Lorsque Madame Royal déclare qu’elle veut maintenir le budget de la défense nationale au niveau actuel en francs constant les électeurs d’Argenteuil et de Bezons sont en droit de penser qu’elle à tort et qu’elle ne fait que reprendre le discours munichois de Lionel Jospin qui voulait naguère « toucher les dividendes de la paix » Mais où est la paix ?
Près de 15000 soldats français qui se battent sous les couleurs françaises, celles de l’ONU, de l’Otan ou de l’UE, sur 26 théâtres d’opérations extérieures, dont les plus importantes sont les Balkans, l’Afghanistan, le Liban et la Côte d’Ivoire
Une impression d’éparpillement mêlée à la fierté de voir la France rayonner par son armée sur tous les continents. C’est le sentiment partagé que provoque la lecture de la carte du déploiement des unités française dans le monde. Une puissance militaire que nul ne lui conteste, et que la France met résolument au service de ses ambitions diplomatiques. Mais nos armées fonctionnent en «flux tendu» : par exemple les premiers véhicules blindés débarquant au Liban portaient encore le sigle de la KFOR, l’opération de l’Otan au Kosovo. Une présence sur tous les fronts, certes valorisante pour la France, mais qui coûte cher.
Alors on puise dans les crédits d’équipement et d’entretien de l’armement. En 1996, Jacques Chirac avait fixé aux armées le «contrat» de constituer un vivier opérationnel de 60000 hommes projetables. C’est le minimum pour que la France ait les moyens militaires de ses ambitions diplomatiques conformes à son rôle naturel.
Les équipements sont les premiers à pâtir de l’insuffisance des crédits militaires: Les programmes sont hérités de la guerre froide (avions de combat, blindés, grands navires) alors que nous avons besoin d’outils modernes, notamment pour la guerre de l’information, la mobilité des troupes, le renseignement.
Même constat, souvent excédé, chez les militaires: départ en opération sans que chaque soldat n’ait son arme, manque de matériel basique (treillis, chaussures) pour cause d’économies, manœuvres dans des appareils qui tombent sans cesse en panne, missions à l’étranger jusqu’à huit mois par an… Il n’y a pas de limites.
Autre signe de malaise : les démissions de plus en plus nombreuses de jeunes officiers frais émoulus des grandes écoles, parfois quatre ou cinq ans seulement après la fin de leur formation. En cause ? Le manque de moyens, de personnels
Comme Philippe De Villiers nous pensons qu'on ne pourra pas servir la France, défendre la paix, accompagner la résolution de crises graves et assurer la sécurité des Français sur le territoire si on ne se donne pas les moyens budgétaires et humains correspondants.
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